Pernes les Fontaines / Le Thor : il fallait une première…

L’espace, dimension infinie contenant des corps où le vide permet leurs déplacements. Dans notre galaxie handballistique, ce samedi 10 décembre de désormais sombre mémoire, l’équipage Thorois embarquait pour de nouvelles aventures, direction la planète Pernes. Décollage réussit à 15h10, arrivée en douceur à 15h30. Aucun Klingon croisé sur le chemin. Nos moins de 12 ans Excellence se préparaient.


L’échauffement commençait en douceur, et durait, durait plus longtemps qu’à l’accoutumée. L’opposition prévue à 16h00 ne débuta pas avant 16h30.
Le commandement du vaisseau Thorois habituellement occupé par deux commandants, se trouvait aujourd’hui aux mains d’un seul. Sébastien, saisissant Sabine dès son arrivée, lui demanda gentiment de le laisser diriger seul : « Tu me laisses gérer! » La suite des événements allait lui faire payer ce soubresaut d’individualisme et cet excès de confiance.

Le match débutait et rapidement nos jeunes furent menés, la prise de contact s’exerça de façon rude. Nos adversaires, pourtant derniers du championnat, nous dominaient sur tous les plans de jeu. L’espace était sous leur emprise, ainsi que l’énergie. Les Thorois semblaient sous le joug de forces contraires, comme entourés d’un champ magnétique faisant fuir le ballon. Les mains ionisées, la balle tombait au sol lors des réceptions. En manque d’énergie, physique et mentale, nos joueurs ne maîtrisèrent pas les flux, la balle arrivant trop souvent dans les pieds, surtout sur les passes d’Audric. Qu’était-il advenu de toutes ces séances d’entraînement où les gammes répétées devaient se retrouver en match ?
Il faut avouer que les Pernois n’avaient pas leur pareil pour harceler nos troupes et, de fait, nous gêner fortement sur nos relances. Les Pernois, utilisant la relation physique : force+vitesse+dextérité = but, ne se faisaient pas prier pour en profiter et lançant des tirs lasers parfois de plus de 9 mètres. Les temps morts s’enchaînent, ainsi que les tentatives de réajustement mais l’entraîneur est lui aussi en prise à des troubles psycho-tactiques. Noé, absent nous laissait sans gaucher. Les filles tenaient le choc en défense malgré tout, ainsi Tess et Zoé nous permirent de repousser quelques assauts. Antoine et Corenthin firent tout ce qu’ils purent pour marquer et parfois cela passait. Baptiste et Loan voltigeaient, bloquaient et relançaient face à des joueurs bien plus grands qu’eux. Nous étions dans la dernière minute du temps imparti quand le commandant de ce vol chaotique eut cette phrase sortie de nulle part : « On est juste mené de 4 points, il reste une minute, on est large !»
Le vide sidéral venait de faire sombrer dans la démence celui qui devait garder le cap, les joueurs le regardèrent comme effarés, on allait enfin perdre.
Malgré tous les efforts de Tristan qui partit trois fois au tir, de Tess qui en fit autant, de Malo et Adrian mis au repos au début du troisième tiers temps pour tout reverser sur la fin. Malgré la maîtrise du temps lors des dernières rencontres, cette fois-ci nos aventuriers arrivèrent enfin à franchir l’obstacle qui se dressait devant eux depuis si longtemps : perdre.
Le résultat final fut de 12 à 9.
Le meilleur moyen de vaincre une peur c’est de l’affronter, nous avons perdu ensemble, et la victoire du jour c’est que nous n’aurons plus peur de perdre notre premier match.
L’espace, finalement réduit à des dimensions handballistiques, est un lieu où se joue parfois une comédie, une aventure, mais jamais une tragédie.
Nous avions jusque-là la maîtrise de l’espace qui faisait de nous les maîtres du temps. Nous n’avons pas su nous mouvoir dans notre espace de façon collective, dynamique et percutante, nous avons perdu la maîtrise du temps. Pas d’énergie, pas d’espace ; pas d’espace, pas de temps.
Mais on était là, heureux de se retrouver dans un objectif commun : ensemble vers l’inconnu et au-delà.
Finalement je suis fier d’avoir perdu avec vous mes loulous !

Sébastien

PS : la photographe officielle étant en déplacement avec les Premiers Pas à Plan d’Orgon, pas de photos pour ce match !